Le tabou du harcèlement sexuel et sexiste dans l’aide à domicile
« Vous êtes célibataire ? »
« Votre mari doit être content. »
« Vous avez déjà trompé votre mari ? »
« Viens on va dans la chambre. «
« Vous ne voulez pas me s…?
« T’as pas mis ta jupe aujourd’hui ? »
« Si j’étais plus jeune… »
« Il t’a fait quoi ton mari cette nuit ? »
« Ça serait beaucoup mieux avec moi. »
« Je te paye si tu veux. »
-Regarder la poitrine ou les fesses avec insistance.
-Tenter un rapprochement physique.
-Demander des bisous, des câlins.
-Saisir le bras « pour rire ».
-Se promener nu dans la maison.
-Ouvrir la porte en sous-vêtements.
-Regarder des films pornographiques pendant que l’aide à domicile est là.
-Demander une f….
-Agresser sexuellement.
Lorsque je rencontre des aides à domicile, toutes (ou presque) me racontent ce harcèlement présent au quotidien dans leur métier.
Femmes et hommes, tous subissent ces mots ou ces comportements plus ou moins régulièrement.
Pourquoi ?
Le bénéficiaire est dans son espace de liberté. Certain.e.s se croient tout permis.
L’aide à domicile est seule. Sans témoin. Dans l’espace intime du bénéficiaire.
Bien sûr, tous les bénéficiaires ne sont pas comme ça.
La plupart sont très respectueux.
Mais un seul comportement, ponctuel (mais souvent répété) peut avoir des conséquences importantes sur l’aide à domicile :
-Stress.
-Épuisement psychologique.
-Usure professionnelle.
-Baisse de l’estime de soi.
-Dévalorisation.
-Démotivation.
-Sentiment d’impuissance.
Avec la peur d’oser en parler, pendant des mois parfois.
On parle souvent du respect et de la bientraitance vis à vis des bénéficiaires.
Qu’en est-il réellement de la réciprocité ?
J’accompagne et je forme les structures à la mise en place de véritables démarches de lutte contre ces comportements.
Parce que les aides à domicile ne devraient plus entendre (quand elles osent enfin en parler au bureau) :
« C’est pour plaisanter. »
« Il est comme ça. »
« Ne le prenez pas mal. »
« Faut pas faire attention, il est vieux, il perd la tête. »
« Faut prendre sur toi. »
« Il est comme ça avec tout le monde. »
Peut-on banaliser ces comportements ? Fermer les yeux ?
Doit-on tolérer pour ne pas perdre des heures ?
Quelles conséquences à long terme ?
L’employeur a une obligation de prévention et de protection.
Dire “Si ça ne va pas, vous appelez ” n’est pas une politique de prévention.
La prévention doit être anticipée, cadrée, assumée.
Prévenir, c’est :
- Définir une politique engagée et l’assumer
- Agir dès la visite de mise en place
- Sensibiliser, former, cadrer les aides à domicile et l’encadrement individuellement et collectivement
- Déculpabiliser le signalement
- Mettre au premier plan un sujet tabou
Et vous, comment agissez-vous, concrètement, pour diminuer le harcèlement sexiste et sexuel des aides à domicile dans votre structure ?
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