Les aides à domicile, confidentes du mal-être des bénéficiaires et de leur entourage
Au quotidien, les aides à domicile sont en première ligne des émotions intenses des bénéficiaires et de leur entourage.
Bien sûr, ils partagent aussi de beaux moments de joie.
Mais, en réalité, les aides à domicile font régulièrement face aux plaintes récurrentes (et souvent légitimes) des bénéficiaires fragilisés.
Elles(ils) deviennent les confidentes (souvent sans filtre) du mal-être.
Cela fait partie de leur environnement de travail habituel :
- « J’ai mal partout »
- « Je ne sers plus à rien »
- « Je préfère mourir »
- « J’ai peur de mourir »
- « Avant c’était mieux »
- « Je suis plus bon à rien »
- « Personne ne vient me voir »
- « Mes enfants ne viennent plus »
- « Le planning a encore changé »
- …
Ces phrases, et les émotions qui les accompagnent, font partie du quotidien et de la réalité du travail des aides à domicile.
Mais comment sont-elles réellement accompagnées et outillées pour faire face à la négativité récurrente dans leur métier ?
La charge mentale induite par ces situations (et tant d’autres) est un facteur important d’usure professionnelle.
Le sujet est omniprésent dans le secteur de l’aide à domicile mais quelle place lui donne-t-on vraiment ?
« Ça fait partie du métier »
Oui. Oui !
Et donc ?
On n’en parle pas (peu) ?
On considère que c’est une fatalité et que « ça va aller »?
Et si on prenait en compte cette dure réalité du quotidien ?
Parce que la récurrence de ces situations pèse fortement sur :
- Les risques psychosociaux des aides à domicile,
- Leurs conditions de travail
- Leurs motivations
- Leur bien-être au travail
- Leur bien-être tout court !
Et si on aidait les aides à domicile à se positionner et à trouver la juste posture face à ces paroles chargées d’émotion ?
Et si on leur donnait des clés pour savoir comment réagir, se protéger et se ressourcer face à ces plaintes malaisantes ?
Et si on leur permettait de décharger régulièrement le stress accumulé ?Et si on permettait d’abord à l’encadrement de mieux intégrer cette dimension psychologique dans son accompagnement à distance des équipes ?
Aborder la question de la psychologie dans le métier d’aide à domicile :
- C’est permettre aux professionnelles de se protéger à court et long terme.
- C’est développer la qualité du service et le mieux-être à domicile des bénéficiaires et de leur entourage.
Aujourd’hui je démarre l’accompagnement d’une structure qui a fait le choix d’aborder ce sujet tabou, avec lucidité et humanité.
En formant d’abord l’encadrement, puis les aides à domicile à la gestion de la charge émotionnelle et à la négativité récurrente du métier.
Et vous, dans votre structure, comment soutenez-vous vos équipes face à cette réalité du terrain ?
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